Quand je regarde mon histoire avec un certain recul, je réalise qu’il n’en restera rien en définitive, et qu’elle ressemble plus à un jeu dans lequel je me suis agité avec plus ou moins de frénésie. Voir cela me met dans une tranquillité et une paix, cela pour la simple raison que je suis rassuré de savoir que je ne suis pas cette histoire et que je ne le l’ai jamais été. Quelle joie de sentir qu’il y a en moi un espace sans histoire, sans rien qu’un Silence sans nom où ne réside que la Vie, la Vérité, Agapè, c’est à travers cet étrange bruit chaotique qui constitue le temps que je traverse en ce monde que je je prends conscience de ma conscience et de son inscription entre une naissance et une mort. Ô joie de me trouver ailleurs que dans ce jeu macabre. Ô joie de me découvrir au-delà des formes et du temps, non plus à l’extérieur mais bien au plus profond de ce coeur insondable où je naît Rien.

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